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Monthly Archives: août 2026
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Quand on parle de psychotraumatisme, on décrit souvent une liste de symptômes : des souvenirs qui s’imposent, des cauchemars, de l’hypervigilance, de l’évitement, de l’anxiété, parfois une dissociation, des difficultés relationnelles ou une impression permanente d’insécurité...
Tous ces symptômes sont évidemment importants. Mais ne voir les choses que sous cet angle peut donner l’impression qu’après un traumatisme, quelque chose s’est simplement
« déréglé » dans notre cerveau ou dans notre fonctionnement psychologique.
Il existe, heureusement, une autre manière de comprendre ce qui se passe.
On peut considérer qu’un traumatisme oblige notre organisme et notre psychisme à se réorganiser pour faire face à une situation qui dépasse leurs capacités habituelles d’adaptation.
Certaines réactions que nous appelons ensuite des symptômes ont donc d’abord été des tentatives de protection.
Le problème n’est pas nécessairement qu’elles existent. Le problème, c'est qu’elles peuvent persister alors que les circonstances ont changé.
Pour comprendre ce phénomène, je vous propose de suivre trois étapes : survivre, retrouver de la liberté, puis, parfois, se transformer.
Commençons par une notion importante : l’allostasie.
J’avais déjà abordé la notion de résilience dans un article de mon blog en 2018, et je voudrais y revenir à la lumière d’un concept plus récent, celui de robustesse.
On parle toujours beaucoup de résilience. Après un deuil, un traumatisme, une maladie, une séparation ou une période de grande difficulté, on admire ceux qui « rebondissent », qui « se relèvent » ou qui « avancent malgré tout ».
L’image est séduisante. Mais elle est aussi un peu trompeuse.
Car elle donne l’impression que la résilience serait une sorte de force intérieure : certains en auraient beaucoup, d’autres moins. Et lorsque quelqu’un reste longtemps dans une situation difficile, on pourrait penser qu’il lui manque quelque chose.
Les recherches actuelles montrent pourtant une réalité beaucoup plus complexe. La résilience ne dépend pas seulement de la personne. Elle dépend aussi de ses relations, de son environnement, de ses ressources et de la façon dont sa vie est organisée.
C’est ici qu’une autre notion peut être utile : celle de robustesse, développée notamment par le biologiste Olivier Hamant.
La robustesse ne demande pas seulement : « Comment se relever après un choc ? »
Elle pose une autre question : comment construire une vie qui puisse mieux supporter les chocs quand ils surgissent ?