29 décembre 2018

Mémoire traumatique et “parties dissociatives” : Une animation pour comprendre

mémoire traumatique et parties dissociatives

​Photo by pawel szvmanski on Unsplash

Un modèle séduisant pour comprendre les conséquences de la réactivation d'une mémoire traumatique.

Le syndrome de stress post-traumatique

Il a sans doute toujours existé mais il n’a commencé à être décrit qu’à la fin du 19e siècle.

Son installation signale qu’un événement traumatique s’est inscrit d’une manière anormale dans notre mémoire. Au lieu d’être mémorisé sous la forme d’un souvenir autobiographique, que l’on peut raconter au moment où on le décide, qu’on peut même transformer pour l’embellir par exemple, il est mémorisé dans une mémoire traumatique et se retrouve isolé des autres souvenirs. Il est dissocié de la mémoire autobiographique.

Les divers constituants de cet événement sont stockés séparément : images, sons, sensations corporelles, pensées, émotions…Ils ne sont pas intégrés en un souvenir fluide et malléable qui viendrait prendre sa place dans le flux des événements de notre vie. Et ce souvenir traumatique, non intégré, fixé (c’est-à-dire inchangé) et dissocié de notre mémoire habituelle, se répète à travers des cauchemars et des flashbacks. Nous subissons alors l’irruption soudaine, de nuit comme de jour, de certaines composantes de cette mémoire traumatique : des images, des voix, des sensations, des émotions surgissent et nous envahissent, nous laissant impuissants face à ce vécu traumatique que nous vivons comme s’il se produisait réellement.

A cela s’ajoute une hyperréactivité (des sursauts par exemple) et des comportements d’évitement des situations qui rappellent le traumatisme.

On voit clairement comment la souffrance vécue lors du traumatisme se répète et se rejoue, sans modification, et parfois pendant de nombreuses années. L’événement n’est pas intégré.

Des "parties dissociatives" de la personnalité

Ces parties peuvent être schématisées comme des réseaux de neurones ayant acquis des caractéristiques parfois très évoluées.

Elles peuvent contenir des souvenirs traumatiques ou seulement certains de leurs composants (images, sons, sensations corporelles, pensées...). 
Dans les situations de trouble dissociatif de l'identité, lorsque la personne a été victime de traumatismes graves et répétés, ces réseaux se manifestent par de véritables traits identitaires différents de ceux de la personne "hôte" (prénom, sexe, vécu, compétences...).

Ces personnalités dissociatives peuvent ainsi avoir des réactions, des sentiments, des pensées, des sensations corporelles et des perceptions très différents.
Toutes ces parties traumatiques sont appelées des "parties émotionnelles".

La partie qui gère le quotidien, qui s'occupe des enfants, qui travaille et qui joue s'appelle "partie apparemment normale de la personnalité". ​Lorsque la personne souffre d'un trouble dissociatif de l'identité, plusieurs parties s'associent, se relaient pour gérer le quotidien au mieux de leurs compétences respectives.

​​Ces descriptions sont celles que nous livre la théorie structurelle de la dissociation, particulièrement bien expliquée dans le livre de Onno Van der Hart, Allert Nijenhuis et Kathy Stelle "Le soi hanté", et dans celui de Suzette Boon, Kathy Stelle et Onno Van des Hart "Gérer la dissociation d'origine traumatique". Ce dernier livre est particulièrement destiné aux patients pour travailler avec leurs thérapeutes.

Un modèle pour mieux comprendre et donner des pistes de guérison

Le modèle présenté dans cette vidéo, est tiré du livre d’une psychologue américaine, Janina Fisher, spécialisée dans les troubles dissociatifs et travaillant en collaboration avec des spécialistes tels que Onno Van der Hart.
Cette animation cherche à expliquer d’une manière simple comment cette mémoire traumatique peut nous submerger et déclencher des réactions de protection parfois dangereuses.
​Une option thérapeutique intéressante en découle qui redonne à la personne victime la possibilité d’apaiser sa souffrance post-traumatique.

​Il suffit de cliquer sur les images qui suivent, ce qui vous permettra de voir immédiatement les deux parties de cette animation.​

J’espère qu'elle vous aidera à retrouver confiance dans vos capacités d’auto-guérison !

Et si vous souhaitez obtenir la bande dessinée au format pdf de cette vidéo, il suffit de cliquer ICI et de suivre les instructions.

N’hésitez pas à laisser vos commentaires.

Bibliographie
Healing the fragmented selves of trauma survivors -Overcoming Internal Self-Alienation - Janina Fisher, Editions Routledge

Le soi hanté - Dissociation structurelle et traitement de la traumatisation chronique ; Onno Van des Hart, Ellert Nijenhuis, Kathy Stelle, Editions de boeck

Gérer la dissociation d'origine traumatique - Exercices pratiques pour patients et thérapeutes ; Suzette Boon, Kathy Steele, Onno Van des Hart, Editions de boeck

​Cette animation (version complète qui réunit les deux animations suivantes) décrit ce qui se passe quand une mémoire traumatique de l'enfance est réactivée et que l'adulte que vous êtes devenu(e) se sent envahi(e) par la peur, l'angoisse, la tristesse, le dégoût, la culpabilité. .. Elle montre les processus qui permettent alors d'éteindre la souffrance, avec des conséquences parfois dommageables, et explique le chemin de la guérison.

​Comprendre pourquoi vous continuez à souffrir d'un passé traumatique - Première partie

​​Comprendre pourquoi vous continuez à souffrir d'un passé traumatique - Seconde partie

Vous aurez ici la totalité de l'animation mais sans musique et avec des voix lisant le texte.

Francois Louboff

Francois Louboff

  • Avatar ? dit :

    Merci j’ai eu peur, mal au ventre, envie de vomir, j’ai pleuré, j’ai appris, j’ai été étonnée et j’ai ri, j’ai été désarmée, j’en reste bouche bée : tout cela en 15mn! Je reste scotchée sur le comment?

  • Avatar Invité dit :

    Vous parlez de reprendre confiance en sa capacité d’auto-guérison. Vous expliquez aussi dans l’animation que pour aller de mieux en mieux il faut que le moi adulte rassure la partie émotionnelle enfant qui le submerge. Pas besoin de thérapeute donc ?

    • Avatar François dit :

      Bonjour,
      Merci pour votre remarque. Ce serait en effet tellement bien ! Mais ce conseil n’est qu’un élément, parmi de nombreux, à prendre en compte pour avancer. Il ne résume pas le processus thérapeutique ! Dire “quoi faire” ne dit pas “comment faire”. Et vous connaissez les obstacles qui se dressent sur ce chemin difficile : déni, rejet et évitement des parties dissociatives par exemple. Je suis persuadé que la psychoéducation représente une partie importante de l’aide qu’un thérapeute doit apporter à ses patients. Ce travail du patient avec ses propres parties ne peut pas se faire d’entrée de jeu. Il fait partie d’un processus thérapeutique dans lequel la présence du thérapeute me semble incontournable !

  • Avatar Clément dit :

    Merci pour ces animations d’utilité publique Docteur Louboff. Tout comme vos précisions préalables sur les Parties Emotionnelles et la Partie Apparemment Normale, elles donnent du sens et de l’espoir.

    Merci également de lutter contre l’ignorance et la stigmatisation en informant sur les différentes parties dont sont composées les personnes avec un TDI : ce ne sont pas des hallucinations, des inventions ou de dangereux monstres comme les présentent malheureusement souvent certains films ou livres. Ce sont “simplement” des PE et des PAN, une multiplicité dissociée organisée et souvent évoluée qui permet à des enfants de survivre à l’horreur qu’on leur a fait subir.

    Ce que vous dites surtout ici c’est que les victimes, TDI ou non, ont toujours le pouvoir de s’affranchir des traumatismes laissés par leurs agresseurs ; à condition d’être informées, soutenues et guidées vers les bons outils psychologiques. Souhaitons donc association et harmonie aux victimes et à leurs thérapeutes pour 2019 !

  • Avatar Béatrice dit :

    Bonsoir 🙂 Bon et bien je capte très bien la première vidéo qui est très parlent dans les explications. Mais la deuxième impossible comme une impression que ma logique , ma compréhension n’existent plus. C’est déstabilisent.
    Heum j’aime beaucoup le “moi adulte ” j’aimerais bien que mon cerveau s’en rappelle plus souvent.

    • Avatar François dit :

      Bonsoir Béatrice,
      Peut-être serait-il utile de revoir cette seconde partie plusieurs fois, de faire des arrêts sur image pour bien relire le texte et vous imprégner de sa signification. Il faut parfois prendre son temps pour intégrer de nouvelles informations !

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