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19 avril 2026

Le deuil : grandir après ? Comprendre la croissance post-traumatique

Dans les études et les recherches sur le deuil, une expression revient régulièrement, celle de “croissance post-traumatique du deuil”.

Cette expression peut paraitre choquante. Comme si on disait à quelqu’un qui vient de perdre un proche : “Bon… c’est affreux, bien sûr…mais essaye quand même d’en profiter pour devenir une meilleure version de toi-même, essaye d’en faire une belle opportunité de développement personnel.”

Évidemment, présenté comme ça, c’est difficilement supportable !

Le croissance post-traumatique : une notion importante

Et c’est justement pour cette raison que je souhaite vous parler de cette notion. Parce que derrière cette expression qui peut sembler provocatrice, il y a une idée importante, profonde, très utile à comprendre et même réconfortante.

Mais attention :  croissance post-traumatique ne veut pas dire que le deuil est une bonne chose. Elle ne veut pas dire non plus qu’il faudrait trouver du positif dans la mort d’un proche. Et elle ne veut surtout pas dire que, si vous êtes endeuillé, vous devriez aller mieux rapidement, devenir plus sage, plus fort, plus spirituel ou plus inspirant…

Ce n’est pas ça du tout. Ce que cette notion essaie de décrire, c’est quelque chose de beaucoup plus simple…et de beaucoup plus humain.

Elle dit que certaines personnes, après avoir été profondément bouleversées par un deuil, constatent qu’elles ont changé.

Pas parce que la perte était bénéfique, pas parce que la douleur était utile. Mais parce qu’en essayant de survivre à ce qui les a frappées, elles ont parfois développé quelque chose de nouveau : une autre manière de regarder la vie, une autre manière d’aimer, une autre manière de regarder le temps qui passe, une autre manière d’être en lien avec les autres.
Et parfois même…une autre manière de rester en lien avec la personne disparue.

Mais attention ! Cela ne veut pas dire qu’il y a un bonheur caché dans le malheur. Cela veut dire que dans la traversée du malheur, une transformation est possible.

Et c’est bien sûr très différent.

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Trois stratégies pour survivre face à un parent maltraitant

En ces périodes de confinement, nous savons que les maltraitances infantiles ont énormément augmenté. Les enfants maltraités utilisent parfois une ou plusieurs stratégies pour survivre, que nous allons un peu détailler.

Tout le monde sait maintenant que les maltraitances infantiles sont fréquentes et nombreuses. Une personne sur trois serait victime de maltraitance dans son enfance. On distingue d'un côté les abus, et de l'autre les négligences.

Les abus consistent à faire à l'enfant ce qu'on ne devrait jamais lui faire, par exemple le battre, l'humilier ou l'agresser sexuellement.

Les négligences décrivent les situations où on ne fait pas à l'enfant ce qu'on devrait lui faire, par exemple le nourrir, le soigner ou l'aimer.

Le système d'attachement

Lorsque l'enfant souffre et exprime un besoin, par exemple d'être calmé, nourri, ou rassuré, c’est-à-dire un besoin de contact, de réconfort et de sécurité, il active son système d'attachement.

Ce système biologique et comportemental est inné. Il permet de réguler l'état émotionnel. Dès sa naissance, l'enfant pleure, crie, puis tend les bras, s'agrippe au parent afin que celui-ci vienne à son aide et réponde à son besoin. Alors seulement son système d'attachement se désactive : il arrête de pleurer, de crier ou de s'accrocher, il s'apaise, se détend et s'endort.

Mais les parents maltraitants ne répondent pas de manière adaptée aux besoins de leurs enfants. On sait que de tels parents ont très souvent été victimes de pertes ou de traumatismes dans leur enfance. Ils ont donc souffert de traumatismes d'attachement qui les empêchent de répondre de manière adaptée aux besoins et à la détresse de leurs enfants. Ils ont tendance à se retirer et à se désinvestir de leur rôle de donneur de soin.

Chez les parents maltraitants

Un enfant qui souffre, qui a faim, qui a peur, active son système d'attachement. Face à cette dépendance et cette vulnérabilité de l'enfant, le système d'attachement du parent maltraitant s'active aussi. Le parent devient alors confus, angoissé, voire effrayé car la détresse de son enfant réactive ses propres traumatismes non résolus.

Que se passe-t-il alors ? Et bien le parent va d'abord essayer de calmer sa propre angoisse, son propre mal-être, et tenter de réguler ses propres émotions négatives.

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