Un traumatisme ne produit pas seulement des symptômes
Quand on parle de psychotraumatisme, on décrit souvent une liste de symptômes : des souvenirs qui s’imposent, des cauchemars, de l’hypervigilance, de l’évitement, de l’anxiété, parfois une dissociation, des difficultés relationnelles ou une impression permanente d’insécurité...
Tous ces symptômes sont évidemment importants. Mais ne voir les choses que sous cet angle peut donner l’impression qu’après un traumatisme, quelque chose s’est simplement
« déréglé » dans notre cerveau ou dans notre fonctionnement psychologique.
Il existe, heureusement, une autre manière de comprendre ce qui se passe.
On peut considérer qu’un traumatisme oblige notre organisme et notre psychisme à se réorganiser pour faire face à une situation qui dépasse leurs capacités habituelles d’adaptation.
Certaines réactions que nous appelons ensuite des symptômes ont donc d’abord été des tentatives de protection.
Le problème n’est pas nécessairement qu’elles existent. Le problème, c'est qu’elles peuvent persister alors que les circonstances ont changé.
Pour comprendre ce phénomène, je vous propose de suivre trois étapes : survivre, retrouver de la liberté, puis, parfois, se transformer.
Survivre : quand l’organisme change pour faire face au danger
Commençons par une notion importante : l’allostasie.