Category Archives for "Abus sexuels"

Tout ce qui concerne les abus sexuels subis dans l’enfance.

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19 octobre 2019

Comment stimuler votre nerf vague

Engagement social et nerf vague

Le nerf vague, qu’on appelle aussi parasympathique, fait partie du système nerveux autonome qui assure le bon fonctionnement de presque tous nos organes.

La branche ventrale s’occupe des organes situés au-dessus du diaphragme : le cœur, les poumons, le pharynx, le larynx, les cordes vocales, l’oreille externe.

La branche dorsale s’occupe des organes situés sous le diaphragme : le foie, la vésicule biliaire, l’intestin, la rate, la vessie, les reins.

Vous trouverez dans mon article sur la théorie polyvagale de Stephen Porges plus d’explications sur le système nerveux autonome et sur le rôle des deux branches, ventrale et dorsale, du nerf vague.

L’exercice que je vais vous montrer permettrait d’activer la branche ventrale du nerf vague de manière simple et sans effet secondaire.

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Le nouveau système nerveux autonome : deux mécanismes de défense et un mécanisme d’interaction sociale

Nous possédons deux systèmes rapasympathiques ayant des fonctions différentes et un système sympathique

Si nous sommes encore en vie, il faut en remercier l’évolution ! Elle nous a dotés de mécanismes de défense efficaces pour nous permettre de faire face aux dangers auxquels la vie peut nous confronter.

Vous avez peut-être entendu parler du système neurovégétatif, appelé encore système nerveux autonome. C’est lui qui est en charge de nous protéger. Il guette en permanence tous les signaux évocateurs d’un possible danger, que celui-ci vienne de notre environnement, de nos interactions avec les autres, ou même de notre propre corps. Non content de veiller sur notre sécurité, il nous permet aussi, quand tout va bien, de nous engager dans des interactions sociales riches et épanouissantes.

Une troisième branche pour le système nerveux autonome

​Pendant très longtemps, nous avons appris que le système nerveux autonome était constitué de deux branches ayant des rôles opposés : le système nerveux sympathique qui joue le rôle d'accélérateur (augmentation de la fréquence cardiaque et des dépenses d'énergie notamment) et le système nerveux parasympathique ​qui joue le rôle de frein (réduction de la fréquence cardiaque et récupération).

Mais depuis les travaux d’un scientifique américain, professeur de psychologie et de neurosciences, le professeurs Stephen Porges, nous savons que notre système nerveux autonome est constitué de 3 branches !

Sa « théorie polyvagale » démontre que le système parasympathique (appelé également nerf vague) est en réalité double : nous avons deux nerfs vagues !

Nous possédons donc un système nerveux sympathique et deux systèmes nerveux parasympathiques différents par leur anatomie et par leur fonction.

Le système nerveux parasympathique dorsal

Le plus ancien des trois dans l’évolution des espèces est le système nerveux parasympathique que l’on nomme « dorsal » car les noyaux d’où partent et arrivent ses fibres nerveuses sont situées en arrière du tronc cérébral (structure située juste sous le cerveau). ​

Une origine reptilienne

Il nous vient des reptiles qui, n’ayant besoin que de peu d’oxygène pour survivre, se protègent face aux dangers en réduisant de manière considérable leur métabolisme. Ils ne bougent plus, ne respirent presque plus, leur cœur ralentit considérablement. Ils font le mort et peuvent passer des heures sous l’eau.
Ce système fonctionne grâce à un neurotransmetteur appelé acétylcholine.

Ce mode de protection a été conservé par l'évolution et constitue l'un des deux mécanismes de défense disponibles chez les mammifères, dont l’homme. Pensez à la souris qui fait la morte dans la gueule du chat. Souvent les prédateurs n’aiment pas les proies mortes, contrairement aux charognards. Ils s’en détournent alors, tel le chat laissant retomber sa proie, qui en profite pour détaler à toute vitesse.

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29 décembre 2018

Mémoire traumatique et “parties dissociatives” : Une animation pour comprendre

mémoire traumatique et parties dissociatives

​Photo by pawel szvmanski on Unsplash

Un modèle séduisant pour comprendre les conséquences de la réactivation d'une mémoire traumatique.

Le syndrome de stress post-traumatique

Il a sans doute toujours existé mais il n’a commencé à être décrit qu’à la fin du 19e siècle.

Son installation signale qu’un événement traumatique s’est inscrit d’une manière anormale dans notre mémoire. Au lieu d’être mémorisé sous la forme d’un souvenir autobiographique, que l’on peut raconter au moment où on le décide, qu’on peut même transformer pour l’embellir par exemple, il est mémorisé dans une mémoire traumatique et se retrouve isolé des autres souvenirs. Il est dissocié de la mémoire autobiographique.

Les divers constituants de cet événement sont stockés séparément : images, sons, sensations corporelles, pensées, émotions…Ils ne sont pas intégrés en un souvenir fluide et malléable qui viendrait prendre sa place dans le flux des événements de notre vie. Et ce souvenir traumatique, non intégré, fixé (c’est-à-dire inchangé) et dissocié de notre mémoire habituelle, se répète à travers des cauchemars et des flashbacks. Nous subissons alors l’irruption soudaine, de nuit comme de jour, de certaines composantes de cette mémoire traumatique : des images, des voix, des sensations, des émotions surgissent et nous envahissent, nous laissant impuissants face à ce vécu traumatique que nous vivons comme s’il se produisait réellement.

A cela s’ajoute une hyperréactivité (des sursauts par exemple) et des comportements d’évitement des situations qui rappellent le traumatisme.

On voit clairement comment la souffrance vécue lors du traumatisme se répète et se rejoue, sans modification, et parfois pendant de nombreuses années. L’événement n’est pas intégré.

Des "parties dissociatives" de la personnalité

Ces parties peuvent être schématisées comme des réseaux de neurones ayant acquis des caractéristiques parfois très évoluées.

Elles peuvent contenir des souvenirs traumatiques ou seulement certains de leurs composants (images, sons, sensations corporelles, pensées...). 
Dans les situations de trouble dissociatif de l'identité, lorsque la personne a été victime de traumatismes graves et répétés, ces réseaux se manifestent par de véritables traits identitaires différents de ceux de la personne "hôte" (prénom, sexe, vécu, compétences...).

Ces personnalités dissociatives peuvent ainsi avoir des réactions, des sentiments, des pensées, des sensations corporelles et des perceptions très différents.
Toutes ces parties traumatiques sont appelées des "parties émotionnelles".

La partie qui gère le quotidien, qui s'occupe des enfants, qui travaille et qui joue s'appelle "partie apparemment normale de la personnalité". ​Lorsque la personne souffre d'un trouble dissociatif de l'identité, plusieurs parties s'associent, se relaient pour gérer le quotidien au mieux de leurs compétences respectives.

​​Ces descriptions sont celles que nous livre la théorie structurelle de la dissociation, particulièrement bien expliquée dans le livre de Onno Van der Hart, Allert Nijenhuis et Kathy Stelle "Le soi hanté", et dans celui de Suzette Boon, Kathy Stelle et Onno Van des Hart "Gérer la dissociation d'origine traumatique". Ce dernier livre est particulièrement destiné aux patients pour travailler avec leurs thérapeutes.

Un modèle pour mieux comprendre et donner des pistes de guérison

Le modèle présenté dans cette vidéo, est tiré du livre d’une psychologue américaine, Janina Fisher, spécialisée dans les troubles dissociatifs et travaillant en collaboration avec des spécialistes tels que Onno Van der Hart.
Cette animation cherche à expliquer d’une manière simple comment cette mémoire traumatique peut nous submerger et déclencher des réactions de protection parfois dangereuses.
​Une option thérapeutique intéressante en découle qui redonne à la personne victime la possibilité d’apaiser sa souffrance post-traumatique.

​Il suffit de cliquer sur les images qui suivent, ce qui vous permettra de voir immédiatement les deux parties de cette animation.​

J’espère qu'elle vous aidera à retrouver confiance dans vos capacités d’auto-guérison !

Et si vous souhaitez obtenir la bande dessinée au format pdf de cette vidéo, il suffit de cliquer ICI et de suivre les instructions.

N’hésitez pas à laisser vos commentaires.

Bibliographie
Healing the fragmented selves of trauma survivors -Overcoming Internal Self-Alienation - Janina Fisher, Editions Routledge

Le soi hanté - Dissociation structurelle et traitement de la traumatisation chronique ; Onno Van des Hart, Ellert Nijenhuis, Kathy Stelle, Editions de boeck

Gérer la dissociation d'origine traumatique - Exercices pratiques pour patients et thérapeutes ; Suzette Boon, Kathy Steele, Onno Van des Hart, Editions de boeck

​Cette animation (version complète qui réunit les deux animations suivantes) décrit ce qui se passe quand une mémoire traumatique de l'enfance est réactivée et que l'adulte que vous êtes devenu(e) se sent envahi(e) par la peur, l'angoisse, la tristesse, le dégoût, la culpabilité. .. Elle montre les processus qui permettent alors d'éteindre la souffrance, avec des conséquences parfois dommageables, et explique le chemin de la guérison.

​Comprendre pourquoi vous continuez à souffrir d'un passé traumatique - Première partie

​​Comprendre pourquoi vous continuez à souffrir d'un passé traumatique - Seconde partie

Vous aurez ici la totalité de l'animation mais sans musique et avec des voix lisant le texte.

Comment réduire le risque de revictimisation

Stratégies pour réduire le risque de revictimisation

Les stratégies pour réduire le risque de revictimisation

Nous avons vu dans les deux précédents articles comment les facteurs personnels, les facteurs liés aux environnements familial et socio-professionnel et les facteurs culturels interagissent pour augmenter le risque de revictimisation chez les victimes de violences sexuelles.

Comprendre pourquoi ce risque est plus élevé, c’est bien. Mais comment les victimes peuvent-elles s’en protéger ?

Trois théories pour se protéger

Nous allons décrire trois théories qui permettent de faire des propositions concrètes pour réduire la revictimisation : les théories adaptative, proactive et défensive[1].

Rappelons quelques chiffres, variables bien entendu selon les études : 12 à 53 % des filles sont victimes d’abus sexuels dans l’enfance. 18 % de toutes les femmes subiront un viol ou une tentative de viol par leur partenaire. 35 étudiantes des universités américaines sur 1000 seront victimes d’une tentative ou d’une agression sexuelle.

Connaissant le risque élevé de revictimisation qui pèse sur les femmes victimes au moins une fois dans leur vie de violence sexuelle, il est important de développer des mesures permettant de le réduire.
Les femmes victimes d’abus sexuels dans l’enfance ont par exemple 2 à 3 fois plus de risque d’être revictimisées que les femmes n’ayant pas subi de telles agressions.

La violence influence la santé mentale et physique des femmes, mais également leur carrière, leurs relations amicales, familiales et sociales.
La revictimisation sexuelle majore les problèmes de santé tant mentale (troubles dépressifs, syndrome de stress post-traumatique, troubles dissociatifs, comportements suicidaires) que physique.

Comment réduire ce risque de revictimisation ?
Connaitre les facteurs de protection et les facteurs de vulnérabilité est indispensable. Les théories de « coping » (ou stratégies d’ajustement en français) nous le permettent.

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Abus sexuels : une approche globale de la revictimisation

approce globale de la revictimisation

Pourquoi il est important de comprendre la revictimisation


Si vous n'avez pas le temps de lire cet article ou avant de le lire !

Une approche globale de la revictimisation

Nous avons vu dans l’article précédent (Abus sexuels et revictimisation) que l’histoire personnelle ne suffit pas à expliquer la plus grande fréquence de revictimisation parmi les victimes de maltraitances infantiles.

L’approche globale[1] de la revictimisation prend en compte quatre niveaux différents :
- l’histoire personnelle
- le milieu familial et amical
- les structures sociales plus larges telles que le travail, le voisinage, les réseaux sociaux
- et les valeurs culturelles associées aux systèmes de croyances, comme les préjugés ou les idées reçues

Quatre niveaux différents

Les facteurs individuels (histoire personnelle)

Ils sont des conséquences des abus sexuels. Ils sont souvent cités dans les recherches, car ils ont un impact sur le comportement de la personne :

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3 septembre 2018

Abus sexuels et revictimisation : première partie

revictimisation femme battue

Abus sexuels et revictimisation

J'aborde ici le thème très important de la revictimisation qui touche certaines victimes d’abus sexuels subis dans l’enfance. C'est le premier article d’une série qui en comportera trois.

Quelques chiffres

Nous savons que la fréquence des abus sexuels, y compris l’inceste, reste très élevée : 15% à 33% des filles (enfants) ont été victimes d’agression sexuelle.
Les garçons sont également victimes d’abus sexuels, dans une proportion un peu moindre.​
Quant aux femmes adultes, 15 à 25 % d’entre elles ont été victimes d’agressions sexuelles ou de viols.

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10 août 2018

Le concept de résilience est-il utile ? Son application dans le cas des abus sexuels

résilience et abus sexuels

Résilience et abus sexuel

Voilà un mot qui sonne bien ! C’est le livre de Boris Cyrulnik, « Un merveilleux malheur », qui a contribué à son succès en France.

Tout le monde l’emploie, les média également, mais quelle est vraiment sa signification ?

Derrière la connotation de résistance et de force,  rappelons-nous que la résilience n’est jamais acquise. Elle n’est pas une qualité intrinsèque à l’individu, donnée une fois pour toutes.

Le mot existe depuis très longtemps pour désigner la capacité d’un matériau soumis à un choc à retrouver sa forme initiale. Transposé au psychisme humain, il s’agit donc d’une métaphore, qu’il est préférable de bien analyser pour savoir de quoi on parle.

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Abus sexuels : Pourquoi c’est mal d’avoir des relations sexuelles avec un enfant

relations sexuelles avec un enfant

Abus sexuels, consentement et libre arbitre

2017,  en France ; un adulte ayant eu une relation sexuelle avec une mineure de 11 ans n’a pas été poursuivi pour viol.
Cette pré-adolescente n’ayant pas manifesté d’opposition, les juges en ont conclu qu'elle était consentante.
La victime doit en effet prouver qu'il y a eu violence, menace, contrainte ou surprise pour que la qualification de viol soit retenue.

Ce fait divers a fait resurgir la question importante du consentement d’un mineur à une relation sexuelle avec un adulte.
Il convient de prendre en compte deux versants : le  versant juridique et le versant psychologique.

Il y a 40 ans déjà, un psychologue américain affirmait que la principale raison pour laquelle les relations sexuelles avec un enfant devaient être condamnées résidait dans le fait qu’un enfant était dans l’incapacité de donner un consentement éclairé[1].
David Finkelhor a énormément travaillé sur les abus sexuels, et a publié de nombreux articles et livres sur ce sujet.

Je vous offre une traduction de cet article, vieux de 40 années, dans lequel il décrit ses arguments.
Je pense que ce texte pourrait déclencher quelques réactions ...
Les commentaires sont ouverts !

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1 août 2018

La fréquence des abus sexuels est en diminution

fréquence des abus sexuels en diminution

La fréquence des abus sexuels est en diminution

L’heuristique de la disponibilité

Daniel Kahneman (psychologue et économiste américano-israélien, professeur à l'université de Princeton, lauréat du Prix Nobel d'économie en 2002) et son collègue Amos Tversky ont démontré que notre capacité à estimer la fréquence d’un événement dépend essentiellement de la facilité avec laquelle les exemples nous viennent à l’esprit. Ils ont appelé ce processus « l’heuristique de la disponibilité »[1].

Et bien entendu, ce processus nous conduit à de graves erreurs d’appréciation.

Vous venez de voir à la télévision les images d’un tsunami dévastateur. Si on vous demande alors votre estimation de la fréquence des tsunamis, votre réponse risque d’être très excessive. Simplement parce qu’un exemple de tsunami vous est venu très facilement à l’esprit. Il en est de même pour les violences en général, et les abus sexuels en particulier.

 

La violence a diminué au cours des derniers siècles

Steven Pinker, professeur de psychologie à Harvard, a publié en 2011 un livre imposant ayant pour titre « La part d’ange en nous », préfacé par Matthieu Ricard pour la traduction française[2].

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