Category Archives for "Abus sexuels"

Tout ce qui concerne les abus sexuels subis dans l’enfance.

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Automutilation : sept bonnes raisons de se faire du mal

Vous avez probablement entendu parler de ces jeunes qui se scarifient ou se lacèrent les poignets, les avant-bras, les cuisses, le ventre, parfois le cou ou les organes génitaux, qui s'infligent des brulures avec des allumettes ou des cigarettes, ou qui se donnent des coups. On parle d'automutilation.

La majorité de ces jeunes sont des filles, adolescentes ou jeunes adultes. La proportion de garçons est beaucoup plus faible.

Parmi toutes les personnes qui s'automutilent, beaucoup ont été victimes d'agressions sexuelles dans leur enfance. Et certaines souffrent d'un trouble de la personnalité qu'on appelle "état-limite", ou borderline en anglais.

​Définition

L'automutilation est un comportement répétitif et qui provoque des blessures modérées.

Il faut le distinguer de trois situations dans lesquelles les personnes peuvent se faire du mal :

  • D'abord des tentatives de suicide
  • Puis des automutilations très graves, comme le fait de s'arracher un œil ou de se castrer, qu'on retrouve chez des personnes psychotiques
  • Et enfin des comportements auto-agressifs qu'on peut voir chez certaines personnes atteintes d'un retard mental ou chez certains autistes.

Avant, pendant et après

Souvent, un événement déclenche le besoin de s'automutiler : une dispute, une rupture, une perte, un sentiment d'abandon.
La personne devient très tendue. Elle peut se sentir angoissée, en colère, triste ou effrayée.
Souvent, un état dissociatif s'installe en réaction à ces émotions envahissantes et incontrôlables.

Alors, la personne s'isole et s'automutile.
Beaucoup disent ne pas ressentir de douleur à ce moment-là.
Certains se sentent coupables ou dégoutés d'eux-mêmes après leur acte, mais la plupart se sentent mieux, apaisés, calmes, satisfaits. La tension, la colère, ou la dissociation ont disparu.

On interprète souvent les comportements d'automutilation comme des comportements autodestructeurs. Ce qui voudrait dire que ces personnes essayent de se détruire.

Et bien dans la plupart des cas, c'est tout simplement faux. Ce n'est pas la bonne explication. Elles se font du mal car se faire du mal les aide à survivre.

C'est paradoxal, non ? Essayons d'y voir plus clair.

Sept bonnes raisons de se faire du mal

On sait que les victimes d'agressions sexuelles de l'enfance souffrent de nombreuses conséquences très perturbantes et douloureuses : anxiété, dépression, troubles dissociatifs, troubles alimentaires, abus de diverses drogues, troubles de la personnalité, comportements autodestructeurs, sexualité compulsive. Entre autres.

Certains de ces comportements sont en fait des moyens efficaces pour réduire un état interne de tension, de malêtre insupportable. Et les comportements d'automutilation en font partie.

A quoi peuvent-ils donc servir ? Voyons sept bonnes raisons de se faire du mal.

Les troubles dissociatifs

Les victimes d'agressions sexuelles de l'enfance développent souvent des troubles dissociatifs. La dissociation permet de se protéger en se déconnectant de la réalité trop douloureuse.
On s'absente, notre esprit part ailleurs, on s'anesthésie, aussi bien émotionnellement que physiquement. Ou on a l'impression de ne plus être soi-même, on ne se reconnait plus, on se regarde de l'extérieur. C'est la dépersonnalisation.
Ou c'est le monde que l'on ne reconnait plus, qui devient étrange, irréel. C'est la déréalisation.
Ou c'est simplement le fait de se sentir paralysé, tétanisé, incapable de bouger. On dit "faire le mort".
Au maximum, c'est une autre partie de notre personnalité qui prend les commandes. On appelle ça un trouble dissociatif de l'identité.

Ces états dissociatifs peuvent être très angoissants. Une manière de s'y opposer, c'est de se faire du mal. La douleur ou la vue du sang permet de revenir dans l'instant présent. Ici et maintenant. Et d'interrompre ce processus dissociatif.

La personne pourrait dire quelque chose comme ça : je me suis fait du mal car j'étais terrifiée de commencer à ne plus rien ressentir.
J'avais besoin de vérifier que j'étais bien réelle et que je pouvais encore me faire mal.

Le syndrome de stress post-traumatique

Les victimes d'agressions sexuelles de l'enfance souffrent souvent d'un syndrome de stress post-traumatique.
Dans cet état de stress extrême, les images de l'agression surgissent involontairement aussi bien dans la journée, c'est ce qu'on appelle des flashbacks, que la nuit dans des cauchemars.

On cherche aussi à éviter tout ce qui pourrait nous rappeler l'agression. Quitte à développer de véritables phobies.

Et on souffre d'un état d'hypervigilance dans lequel on sursaute au moindre événement inattendu.

Bref, de la terreur permanente, réactivée par plein de situations de la vie quotidienne qu'on essaye de fuir par tous les moyens.

Se faire du mal permet de fuir ces souvenirs douloureux ou ces flashbacks terrifiants : une nouvelle douleur pour cacher une douleur plus ancienne.

L'incapacité à parler

Se faire du mal, ça peut aussi servir de moyen de communication. Souvent, le traumatisme entraine une incapacité à parler. C'est ce que signifie l'expression : ne pas avoir les mots pour le dire.

Les études en IRM le montrent bien. La zone du cerveau qui permet de parler, qu'on appelle l'aire de Broca, dans le lobe frontal gauche, ne fonctionne plus normalement chez les victimes. Elles ont beaucoup de difficultés à mettre des mots pour décrire ce qu'elles ressentent.

Alors le faire vient remplacer le dire. L'automutilation sert à extérioriser et exprimer des émotions intolérables. Cette souffrance interne, invisible et qu'on ne peut dire devient une souffrance externe et visible aux yeux des autres.

La culpabilité

Se faire du mal, ça permet aussi de se punir. On sait combien la culpabilité est si dévorante chez les victimes. Même si elle est totalement irrationnelle.

Culpabilité de ne pas avoir réagi, d'avoir laissé faire, d'avoir provoqué l'agression, de ne pas avoir parlé, d'y être même retourné. L'automutilation devient alors le moyen d'apaiser cette culpabilité envahissante.

Malheureusement, l'apaisement ne dure pas et il faut recommencer à se faire du mal.

Se sentir comme mort

Certaines victimes ont l'impression de ne plus être vivantes, d'être mortes intérieurement. Parfois même, elles ont le sentiment de ne plus appartenir au genre humain. Ou elles ont tout simplement la sensation de ne plus exister ou d'avoir perdu leur identité.
Se faire mal et souffrir, ça leur permet de se rassurer et de rétablir une frontière, une limite, entre eux et les autres.

Les cicatrices et le sang deviennent ainsi des preuves réelles que j'existe, que je suis bien vivant, que je suis dans la réalité.

L'impuissance

Et puis se faire du mal c'est aussi une façon efficace de reprendre du contrôle sur sa vie. Je fais ce que je veux avec mon corps.
Quand je me fais mal, c'est moi qui suis aux commandes, c'est moi qui le ressens.
Ça me permet de retrouver mon autonomie.

Bref. Une façon de reprendre le contrôle alors que l'agression sexuelle m'a confronté à l'impuissance et à l'incapacité de réagir.

Les idées suicidaires

On a vu au début de cette vidéo qu'il ne faut pas confondre ces comportements d'automutilation avec des tentatives de suicide. Le plus souvent, les survivants disent bien que leur désir n'est pas de mourir mais d'éviter la souffrance émotionnelle de la vie. Ils se battent pour rester en vie, en utilisant des moyens externes pour apaiser des états internes douloureux trop envahissants. Ils cherchent à bloquer, à arrêter des pensées ou des sensations trop pénibles.

Par contre, ceux qui ont des idées suicidaires et veulent vraiment mourir y pensent de manière assez permanente. Ils décrivent souvent un sentiment d'impuissance, de désespoir, de colère envers eux-mêmes et envers les autres.

L'automutilation pourrait alors être un moyen d'éviter le suicide en canalisant le désir de se détruire, de mourir. Elle apporte ainsi une illusion de maitrise sur la mort.

​L'automutilation servirait donc dans ces cas de protection contre le suicide.

Conclusion

Vous voyez que ces comportements d'automutilation sont en réalité des protections contre plusieurs sentiments trop douloureux, et que leur rôle principal est de réguler l'état émotionnel.
Se faire du mal permet alors de retrouver un peu de calme et de soulagement. Les croyances négatives sur soi s'estompent.

Mais cette protection ne fonctionne pas très longtemps. Il faut alors recommencer à se faire du mal. Encore et encore.

Bien sûr, les personnes qui s'automutilent ne cherchent pas à obtenir toutes le, ou les mêmes effets. Et une même personne pourra utiliser ce comportement pour obtenir des effets différents à différents moments de sa vie.

Bien entendu, toutes les victimes d'agressions sexuelles de l'enfance n'ont pas recours aux automutilations pour se protéger. Cela dépend notamment de l'importance de leurs blessures qui dépendent elles-mêmes de nombreux autres facteurs. Comme la durée et la fréquence des agressions, l'âge de la victime, l'identité de l'agresseur, la présence de violence physique, la réaction de l'entourage lors du dévoilement ou les ressources dont dispose la victime.

J'espère que ces quelques précisions vous aideront à mieux comprendre les personnes qui ont des comportements d'automutilations, et peut-être à mieux les aider.

A bientôt pour une autre vidéo.

Bibliographie

Briere, John. Therapy for adults molested as children: Beyond survival. Springer Publishing Company, 1996.

Suyemoto, Karen L. The functions of self-mutilation. Clinical psychology review, 1998, vol. 18, no 5, p. 531-554.

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Les 4 facteurs traumatiques de Finkelhor : comprendre les conséquences d’une agression sexuelle de l’enfance

Les 4 facteurs de Finkelhor

​Dans une vidéo précédente, j'ai décrit les 4 facteurs traumatiques que le psychologue américain David Finkelhor appelle la sexualisation traumatique, l'impuissance, la trahison et la stigmatisation.
Ces 4 facteurs expliquent pourquoi les agressions sexuelles subies dans l'enfance provoquent si souvent des traumatismes psychologiques.

Je vais maintenant détailler un peu les principales conséquences de ces agressions sexuelles pour mieux les comprendre à la lumière de ces quatre facteurs.

La sexualisation traumatique

Ce terme désigne les perturbations des émotions et des comportements sexuels de l'enfant quand on lui impose une sexualité inadaptée à son âge et à son niveau de développement.

Des comportements sexualisés inadaptés chez l’enfant

On a souvent observé que les enfants victimes d'abus sexuels se mettaient à avoir des comportements sexualisés compulsifs, comme la masturbation ou certains jeux sexuels.

On a remarqué aussi que certains enfants ont des connaissances et s'intéressent à la sexualité d'une façon manifestement inadaptée à leur âge.
Par exemple chercher à avoir des relations sexuelles ou des relations oro-génitales avec leurs camarades de classe.

D’autres enfants vont devenir agressifs et en arrivent à agresser sexuellement des camarades ou des enfants plus jeunes.

Des inquiétudes sur leur identité

L'enfant se pose aussi des questions sur lui-même et en particulier sur son identité sexuelle.
Par exemple, un jeune garçon agressé par un homme peut se demander s'il est homosexuel.
Les filles peuvent avoir peur de ne plus être désirables et se demandent si leurs futurs partenaires seront capables de les comprendre.

Une confusion entre affection et sexualité

Les victimes ont souvent des manières de considérer le sexe et les relations sexuelles totalement faussées, qui témoignent de ce que leurs agresseurs ont pu dire et faire.

Une des confusions les plus fréquentes concerne le rôle de la sexualité dans les relations affectives.
Si l'enfant a appris à recevoir de l’affection en échange de comportements sexuels pendant un certain temps, il peut en arriver à croire que c’est une manière normale de donner et d'obtenir de l'affection.

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Le monde est-il juste ?

Le monde est-il juste ?

​Très souvent, lorsque nous sommes confrontés à un événement douloureux, les premières paroles qui nous viennent sont : mais pourquoi ça tombe sur moi ? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?

C'est assez étonnant.

Nous savons bien que le malheur touche des tas de gens autour de nous, mais nous ne pensons pas qu'il peut nous toucher aussi.

Comment comprendre ce paradoxe ?

Depuis notre enfance, nous avons construit une théorie du monde et de nous-même assez naïve, mais très rassurante : je suis une bonne personne, je vis dans un monde contrôlable et sécurisant, et rien de grave ne peut m'arriver.

Une théorie utile

Cette théorie nous sert de base pour anticiper, pour travailler, obtenir les choses que l'on souhaite et éviter ce qui nous fait mal ou nous fait peur. On appelle cette théorie un schéma.

Cette croyance en un monde juste nous permet de vivre au quotidien avec assez d'espoir et de confiance dans notre futur. Elle nous permet de fonctionner de manière efficace, pour planifier des objectifs et pour agir.

Que se passerait-il si j'étais pleinement conscient de mon impuissance à contrôler le monde dans lequel je vis ?

Je me sentirais très vulnérable et inquiet, car tout pourrait alors arriver, à moi et à ceux que j'aime. Il n'y aurait plus de logique. Même les bonnes personnes, dont je fais partie, pourraient alors subir des drames terribles !

Et les mauvaises personnes pourraient s'en tirer comme ça, sans payer d'une manière ou d'une autre leurs mauvais comportements !

Insupportable.

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Agressions sexuelles dans le sport : le grooming

Agressions sexuelles dans le milieu sportif

​Plusieurs athlètes ayant subi des agressions sexuelles ont déjà lancé des cris d'alarme, il y a plusieurs années, sans grand résultat.

Par exemple Isabelle Demongeot, ancienne championne de France de tennis, qui décrit en 2007 dans son livre "Service volé" les viols qu'elle a subis de son entraineur, Régis de Camaret.

Récemment, c'est la patineuse française Sarah Abitbol qui est sortie du silence. Dans son livre "Un si long silence", elle dévoile les viols que son entraineur lui a infligés de 15 à 17 ans.

La parution de ce livre semble avoir un peu sorti le gouvernement de son inertie.

Il annonce en effet des mesures de prévention et de prise en charge des violences dans le milieu sportif.

 Mais il n'y a pas que les stars sportives qui sont victimes.

Selon une enquête conduite par le ministère de la santé, de la jeunesse et des sports en 2009, plus de 11 % des athlètes interrogés déclaraient avoir subi au moins un acte de violence sexuelle en milieu sportif.

Et cette proportion atteignait 17 % pour les sportifs de haut niveau. Dans d'autres études, plus de 20 % des enfants confiés à une institution sportive sont victimes de violences sexuelles.

Toutes les institutions

Vous savez que les violences sexuelles envers les enfants existent dans toutes les institutions.

Et la première, de très loin, c'est le milieu familial, dans lequel ont lieu 80 % des agressions sexuelles sur les enfants.

Malheureusement, les demandes des associations de victimes pour la création d'un plan inceste restent depuis des années sans réponse de l'état.

Bien sûr, d'autres institutions sont touchées : l'église, les milieux éducatifs, le milieu médical pour n'en citer que quelques-unes. En fait toutes les institutions sont concernées dès lors que des enfants y sont pris en charge.

Et comme on l'a découvert dans toutes les autres institutions, les responsables hiérarchiques étaient informés de ces agressions sexuelles mais ont préféré se taire et protéger l'institution plutôt que de secourir les victimes.

Le plus souvent entre sportifs

Dans les agressions sexuelles subies par les sportifs de très haut niveau et qui ont été médiatisées, c'est l'entraineur qui est l'agresseur.

Mais l'enquête que j'ai citée tout à l'heure montre que la majorité des agressions sexuelles dans le sport ont lieu entre sportifs sans qu'il y ait un écart d'âge important entre l'agresseur et la victime.

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16 février 2020

Pourquoi une agression sexuelle subie dans l’enfance devient-elle traumatique ?

Stress post-traumatique chez les victimes d'abus sexuels

​Nous savons tous que les personnes victimes d'agression sexuelle subie dans l'enfance ont plus de risques de souffrir plus tard dans leur vie de nombreux troubles si on les compare avec des enfants qui n’ont pas subi d’agressions.

Ces troubles peuvent être aussi bien physiques que psychologiques. La liste serait trop longue pour les énumérer ici.

Mais parmi les souffrances psychologiques, on retrouve très souvent des manifestations qu’on regroupe dans ce qu'on appelle le syndrome de stress post-traumatique.

Ce qui signifie que l'agression sexuelle a représenté un traumatisme pour l'enfant.

Bien sûr, quand l’agression sexuelle s’accompagne de violence physique, de peur, de menaces, de douleurs, on comprend qu’elle agisse comme un traumatisme pouvant produire un syndrome de stress post-traumatique.

Mais les agressions sexuelles subies dans l’enfance se font assez souvent sans violence, sans peur, sans menace, sans douleur.

Alors, pourquoi les victimes développent-elles quand-même un stress post-traumatique ?

C'est cette question que je vais aborder un peu avec vous aujourd'hui, en m'appuyant sur un travail de David Finkelhor.

Ce psychologue américain renommé dans le domaine de la victimisation infantile, a développé en 1985 un modèle qui reste à mon avis tout à fait intéressant.

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Comment stimuler votre nerf vague

Engagement social et nerf vague

Le nerf vague, qu’on appelle aussi parasympathique, fait partie du système nerveux autonome qui assure le bon fonctionnement de presque tous nos organes.

La branche ventrale s’occupe des organes situés au-dessus du diaphragme : le cœur, les poumons, le pharynx, le larynx, les cordes vocales, l’oreille externe.

La branche dorsale s’occupe des organes situés sous le diaphragme : le foie, la vésicule biliaire, l’intestin, la rate, la vessie, les reins.

Vous trouverez dans mon article sur la théorie polyvagale de Stephen Porges plus d’explications sur le système nerveux autonome et sur le rôle des deux branches, ventrale et dorsale, du nerf vague.

L’exercice que je vais vous montrer permettrait d’activer la branche ventrale du nerf vague de manière simple et sans effet secondaire.

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Le nouveau système nerveux autonome : deux mécanismes de défense et un mécanisme d’interaction sociale

Nous possédons deux systèmes rapasympathiques ayant des fonctions différentes et un système sympathique

Si nous sommes encore en vie, il faut en remercier l’évolution ! Elle nous a dotés de mécanismes de défense efficaces pour nous permettre de faire face aux dangers auxquels la vie peut nous confronter.

Vous avez peut-être entendu parler du système neurovégétatif, appelé encore système nerveux autonome. C’est lui qui est en charge de nous protéger. Il guette en permanence tous les signaux évocateurs d’un possible danger, que celui-ci vienne de notre environnement, de nos interactions avec les autres, ou même de notre propre corps. Non content de veiller sur notre sécurité, il nous permet aussi, quand tout va bien, de nous engager dans des interactions sociales riches et épanouissantes.

Une troisième branche pour le système nerveux autonome

​Pendant très longtemps, nous avons appris que le système nerveux autonome était constitué de deux branches ayant des rôles opposés : le système nerveux sympathique qui joue le rôle d'accélérateur (augmentation de la fréquence cardiaque et des dépenses d'énergie notamment) et le système nerveux parasympathique ​qui joue le rôle de frein (réduction de la fréquence cardiaque et récupération).

Mais depuis les travaux d’un scientifique américain, professeur de psychologie et de neurosciences, le professeurs Stephen Porges, nous savons que notre système nerveux autonome est constitué de 3 branches !

Sa « théorie polyvagale » démontre que le système parasympathique (appelé également nerf vague) est en réalité double : nous avons deux nerfs vagues !

Nous possédons donc un système nerveux sympathique et deux systèmes nerveux parasympathiques différents par leur anatomie et par leur fonction.

Le système nerveux parasympathique dorsal

Le plus ancien des trois dans l’évolution des espèces est le système nerveux parasympathique que l’on nomme « dorsal » car les noyaux d’où partent et arrivent ses fibres nerveuses sont situées en arrière du tronc cérébral (structure située juste sous le cerveau). ​

Une origine reptilienne

Il nous vient des reptiles qui, n’ayant besoin que de peu d’oxygène pour survivre, se protègent face aux dangers en réduisant de manière considérable leur métabolisme. Ils ne bougent plus, ne respirent presque plus, leur cœur ralentit considérablement. Ils font le mort et peuvent passer des heures sous l’eau.
Ce système fonctionne grâce à un neurotransmetteur appelé acétylcholine.

Ce mode de protection a été conservé par l'évolution et constitue l'un des deux mécanismes de défense disponibles chez les mammifères, dont l’homme. Pensez à la souris qui fait la morte dans la gueule du chat. Souvent les prédateurs n’aiment pas les proies mortes, contrairement aux charognards. Ils s’en détournent alors, tel le chat laissant retomber sa proie, qui en profite pour détaler à toute vitesse.

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29 décembre 2018

Mémoire traumatique et “parties dissociatives” : Une animation pour comprendre

mémoire traumatique et parties dissociatives

​Photo by pawel szvmanski on Unsplash

Un modèle séduisant pour comprendre les conséquences de la réactivation d'une mémoire traumatique.

Le syndrome de stress post-traumatique

Il a sans doute toujours existé mais il n’a commencé à être décrit qu’à la fin du 19e siècle.

Son installation signale qu’un événement traumatique s’est inscrit d’une manière anormale dans notre mémoire. Au lieu d’être mémorisé sous la forme d’un souvenir autobiographique, que l’on peut raconter au moment où on le décide, qu’on peut même transformer pour l’embellir par exemple, il est mémorisé dans une mémoire traumatique et se retrouve isolé des autres souvenirs. Il est dissocié de la mémoire autobiographique.

Les divers constituants de cet événement sont stockés séparément : images, sons, sensations corporelles, pensées, émotions…Ils ne sont pas intégrés en un souvenir fluide et malléable qui viendrait prendre sa place dans le flux des événements de notre vie. Et ce souvenir traumatique, non intégré, fixé (c’est-à-dire inchangé) et dissocié de notre mémoire habituelle, se répète à travers des cauchemars et des flashbacks. Nous subissons alors l’irruption soudaine, de nuit comme de jour, de certaines composantes de cette mémoire traumatique : des images, des voix, des sensations, des émotions surgissent et nous envahissent, nous laissant impuissants face à ce vécu traumatique que nous vivons comme s’il se produisait réellement.

A cela s’ajoute une hyperréactivité (des sursauts par exemple) et des comportements d’évitement des situations qui rappellent le traumatisme.

On voit clairement comment la souffrance vécue lors du traumatisme se répète et se rejoue, sans modification, et parfois pendant de nombreuses années. L’événement n’est pas intégré.

Des "parties dissociatives" de la personnalité

Ces parties peuvent être schématisées comme des réseaux de neurones ayant acquis des caractéristiques parfois très évoluées.

Elles peuvent contenir des souvenirs traumatiques ou seulement certains de leurs composants (images, sons, sensations corporelles, pensées...). 
Dans les situations de trouble dissociatif de l'identité, lorsque la personne a été victime de traumatismes graves et répétés, ces réseaux se manifestent par de véritables traits identitaires différents de ceux de la personne "hôte" (prénom, sexe, vécu, compétences...).

Ces personnalités dissociatives peuvent ainsi avoir des réactions, des sentiments, des pensées, des sensations corporelles et des perceptions très différents.
Toutes ces parties traumatiques sont appelées des "parties émotionnelles".

La partie qui gère le quotidien, qui s'occupe des enfants, qui travaille et qui joue s'appelle "partie apparemment normale de la personnalité". ​Lorsque la personne souffre d'un trouble dissociatif de l'identité, plusieurs parties s'associent, se relaient pour gérer le quotidien au mieux de leurs compétences respectives.

​​Ces descriptions sont celles que nous livre la théorie structurelle de la dissociation, particulièrement bien expliquée dans le livre de Onno Van der Hart, Allert Nijenhuis et Kathy Stelle "Le soi hanté", et dans celui de Suzette Boon, Kathy Stelle et Onno Van des Hart "Gérer la dissociation d'origine traumatique". Ce dernier livre est particulièrement destiné aux patients pour travailler avec leurs thérapeutes.

Un modèle pour mieux comprendre et donner des pistes de guérison

Le modèle présenté dans cette vidéo, est tiré du livre d’une psychologue américaine, Janina Fisher, spécialisée dans les troubles dissociatifs et travaillant en collaboration avec des spécialistes tels que Onno Van der Hart.
Cette animation cherche à expliquer d’une manière simple comment cette mémoire traumatique peut nous submerger et déclencher des réactions de protection parfois dangereuses.
​Une option thérapeutique intéressante en découle qui redonne à la personne victime la possibilité d’apaiser sa souffrance post-traumatique.

​Il suffit de cliquer sur les images qui suivent, ce qui vous permettra de voir immédiatement les deux parties de cette animation.​

J’espère qu'elle vous aidera à retrouver confiance dans vos capacités d’auto-guérison !

Et si vous souhaitez obtenir la bande dessinée au format pdf de cette vidéo, il suffit de cliquer ICI et de suivre les instructions.

N’hésitez pas à laisser vos commentaires.

Bibliographie
Healing the fragmented selves of trauma survivors -Overcoming Internal Self-Alienation - Janina Fisher, Editions Routledge

Dépasser la dissociation d'origine traumatique : Soi fragmenté et aliénation interne - Janina Fisher (traduction de Julien Baillet) - Deboeck Superieur

Le soi hanté - Dissociation structurelle et traitement de la traumatisation chronique ; Onno Van des Hart, Ellert Nijenhuis, Kathy Stelle, Editions de boeck

Gérer la dissociation d'origine traumatique - Exercices pratiques pour patients et thérapeutes ; Suzette Boon, Kathy Steele, Onno Van des Hart, Editions de boeck

​Cette animation (version complète qui réunit les deux animations suivantes) décrit ce qui se passe quand une mémoire traumatique de l'enfance est réactivée et que l'adulte que vous êtes devenu(e) se sent envahi(e) par la peur, l'angoisse, la tristesse, le dégoût, la culpabilité. .. Elle montre les processus qui permettent alors d'éteindre la souffrance, avec des conséquences parfois dommageables, et explique le chemin de la guérison.

​Comprendre pourquoi vous continuez à souffrir d'un passé traumatique - Première partie

​​Comprendre pourquoi vous continuez à souffrir d'un passé traumatique - Seconde partie

Vous aurez ici la totalité de l'animation mais sans musique et avec des voix lisant le texte.

Comment réduire le risque de revictimisation

Stratégies pour réduire le risque de revictimisation

Les stratégies pour réduire le risque de revictimisation

Nous avons vu dans les deux précédents articles comment les facteurs personnels, les facteurs liés aux environnements familial et socio-professionnel et les facteurs culturels interagissent pour augmenter le risque de revictimisation chez les victimes de violences sexuelles.

Comprendre pourquoi ce risque est plus élevé, c’est bien. Mais comment les victimes peuvent-elles s’en protéger ?

Trois théories pour se protéger

Nous allons décrire trois théories qui permettent de faire des propositions concrètes pour réduire la revictimisation : les théories adaptative, proactive et défensive[1].

Rappelons quelques chiffres, variables bien entendu selon les études : 12 à 53 % des filles sont victimes d’abus sexuels dans l’enfance. 18 % de toutes les femmes subiront un viol ou une tentative de viol par leur partenaire. 35 étudiantes des universités américaines sur 1000 seront victimes d’une tentative ou d’une agression sexuelle.

Connaissant le risque élevé de revictimisation qui pèse sur les femmes victimes au moins une fois dans leur vie de violence sexuelle, il est important de développer des mesures permettant de le réduire.
Les femmes victimes d’abus sexuels dans l’enfance ont par exemple 2 à 3 fois plus de risque d’être revictimisées que les femmes n’ayant pas subi de telles agressions.

La violence influence la santé mentale et physique des femmes, mais également leur carrière, leurs relations amicales, familiales et sociales.
La revictimisation sexuelle majore les problèmes de santé tant mentale (troubles dépressifs, syndrome de stress post-traumatique, troubles dissociatifs, comportements suicidaires) que physique.

Comment réduire ce risque de revictimisation ?
Connaitre les facteurs de protection et les facteurs de vulnérabilité est indispensable. Les théories de « coping » (ou stratégies d’ajustement en français) nous le permettent.

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Abus sexuels : une approche globale de la revictimisation

approce globale de la revictimisation

Pourquoi il est important de comprendre la revictimisation


Si vous n'avez pas le temps de lire cet article ou avant de le lire !

Une approche globale de la revictimisation

Nous avons vu dans l’article précédent (Abus sexuels et revictimisation) que l’histoire personnelle ne suffit pas à expliquer la plus grande fréquence de revictimisation parmi les victimes de maltraitances infantiles.

L’approche globale[1] de la revictimisation prend en compte quatre niveaux différents :
- l’histoire personnelle
- le milieu familial et amical
- les structures sociales plus larges telles que le travail, le voisinage, les réseaux sociaux
- et les valeurs culturelles associées aux systèmes de croyances, comme les préjugés ou les idées reçues

Quatre niveaux différents

Les facteurs individuels (histoire personnelle)

Ils sont des conséquences des abus sexuels. Ils sont souvent cités dans les recherches, car ils ont un impact sur le comportement de la personne :

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Vous voulez savoir ce qui se passe quand une mémoire traumatique est réactivée ?
Voici en cadeau, sous format pdf, et en bande dessinée, le contenu de ma vidéo (visible dans l'onglet Abus sexuels) "Mémoire traumatique et parties dissociatives".

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Personnages mémoire traumatique et parties dissociatives